“Négligeant les conseils de prudence de la Mère Ubu, le Père Ubu décide de ne pas nommer le capitaine Bordure duc de Lituanie. Après quoi, il se lance dans une vaste politique de réformes qui consiste à massacrer tous les nobles – « Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervèlera » – dont les biens sont confisqués, tous les magistrats, qui ne seront plus payés mais vivront des amendes et des biens des condamnés à mort, puis tous les financiers qui refusent la fiscalité nouvelle – « D'abord je veux garder pour moi la moitié des impôts » – lesquels sont bouleversés : « Messieurs, nous établirons un impôt de 10 % sur la propriété, un autre sur le coerce et l'industrie et un troisième sur les mariages et un quatrième sur les décès, de 15 francs chacun ». Le Père Ubu rassure la Mère Ubu effrayée par cette hécatombe qui désorganise l'État : « Ne crains rien, ma douce enfant, j'irai moi-même de village en village recueillir les impôts. » Il a d'ailleurs un programme politique très précis : « Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai. »”

L'art de couverture par Wyatt Keusch.
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